samedi 30 janvier 2021

Stevenson, un trésor pour tous


L'art de raconter

De l’Écosse aux îles Samoa, Robert Louis Stevenson est de ces écrivains qui auront porté haut et loin les couleurs de l’aventure. S’il est par antonomase le grand conteur de la littérature anglophone du XIXème siècle, il ne faudrait pas oublier la modernité de ses romans, de sa pensée et de son rapport au monde.

 

Article paru dans Le Matricule des anges en mars 2020, à l'occasion d'un dossier consacré à Stevenson




« Toute lecture digne de ce nom se doit d’être absorbante et voluptueuse. Nous devons dévorer le livre que nous lisons, être captivé par lui, arraché à nous-mêmes, et puis sortir de là l’esprit en feu, incapable de dormir ou de rassembler ses idées, emporté dans un tourbillon d’images animées, comme brassées dans un kaléidoscope. » Ces propos de Stevenson, qui ouvrent son essai À bâtons rompus sur le roman – paru en 1882, alors que s’achevait la publication en feuilleton de L’île au trésor –, tiennent de la profession de foi. Raconter, pour lui, ce n’est pas seulement emporter son lecteur dans un flux de péripéties, c’est hypnotiser, ouvrir des abimes et déchaîner de puissantes images dont l’impact est comparable aux brisants qui harcèlent l’île écossaise d’Aros et rendent fou l’un des personnages de sa nouvelle Les gais lurons. Et tout cela dans une langue qui sonne, brute et sophistiquée, ce que des traductions timorées ou trop vite troussées n’ont pas toujours bien rendues.

Mort aux îles Samoa, dans le Pacifique, en 1894 à l’âge de 44 ans, l’écrivain, dont la santé toujours précaire aura eu une forte incidence sur les errements géographiques, laissera une œuvre conséquente – romans, nouvelles, essais, poésie, récits de voyage, pamphlets politiques, sans oublier une très riche correspondance – dont la qualité constante démontre une force de travail peu commune et une confiance absolue tant dans son propre talent que dans la force onirique de l’imaginaire. Un imaginaire qui n’est pas de tout repos : « Je suis né avec le sentiment d’un je-ne-sais-quoi tapi au cœur des choses, mélange d’horreur et d’attraction sans limites », affirmera-t-il. Déclaration programmatique pour un auteur qui explorera l’ambiguïté morale des êtres et leur pouvoir de séduction, que l’on pense à des personnages comme l’Attwater du Creux de la vague ou au Maître de Ballantrae du roman éponyme, une créature dans laquelle il avait mis « tout ce qu’il savait du diable ».

Mais peut-être les propos cités plus haut contiennent-ils aussi la graine du malentendu – de la simplification – dont est toujours victime Stevenson, éternel « écrivain pour enfants ». Après avoir été de son vivant un des auteurs les plus lus au monde (avec Kipling), il a connu une longue période de purgatoire, se retrouvant banni des anthologies de littérature anglaise jusqu’à bien avancé le XXème siècle, alors même que son île, son trésor, sa tâche noire, son jeune Jim Hawkins et son Long John Silver à la jambe de bois, outre qu’ils sont les éléments du plus beau des romans d’aventures (celui qui les contient tous et les dépasse), sont également les ingrédients d’un manifeste littéraire extrêmement novateur pour son temps et dont la modernité n’a pas faiblie.

Malgré le prestige de ses admirateurs inconditionnels, d’Henry James à Jean Echenoz, en passant par Schwob, Chesterton ou Borges – lequel, dans une phrase régulièrement citée de L’auteur, intègre la prose de Stevenson à la liste très sélective de ses préférences, au même titre que le goût du café ou les sabliers –, persiste l’image d’un écrivain dont le génie n’aurait vraiment pris sa pleine mesure qu’au moment d’être interrompu par la mort, alors qu’il écrivait un Hermiston, le juge pendeur prometteur mais inachevé, c’est-à-dire au moment où il se serait enfin décidé à écrire un roman « pour adulte » qui replaçait dans la fiction sa douloureuse relation avec son père (un thème qui est d’ailleurs une constante de son œuvre, puisqu’il est déjà au centre d’une de ses premières nouvelles, Histoire d’un mensonge).  

La faute retombe en partie sur les propres amis de Stevenson, ceux qui, l’écrivain se trouvant loin de son Écosse natale, s’occupaient de la publication de ses livres et auront eu de plus en plus de mal à comprendre l’évolution de son art. Après sa mort, ils se seront chargés de construire le mythe d’un écrivain fragile et enfantin, reléguant au second plan la force innovatrice de son œuvre et les pulsions noires qui la parcourent. Un aspect qui prendra toute son ampleur dans ses derniers écrits, tels que la longue nouvelle La plage de Falesà, ou dans certaines de ses curieuses Fables qui, loin de simples récréations, sont peut-être les textes où sa poétique s’exprime le plus directement. Comme le dit bien Michel Le Bris – qui a tant fait pour sa reconnaissance en France – les récits de Stevenson « n’éclairent jamais qu’en diffusant de l’ombre ». Henry James fut l’un des premiers à craindre que la figure de l’auteur, bientôt figée dans une caricature, ne fasse du mal à la réception d’une œuvre qu’il tenait en très haute estime. Une œuvre extrêmement abondante et multiforme pour une aussi courte existence, mais comme le dit Echenoz, « tout va très vite dans la vie de cet homme. »

            Il n’est certes pas donné à tout le monde d’écrire des livres devenus des classiques au point de faire croire qu’il est inutile de les lire. Long John Silver – qui, selon Conan Doyle, « n’est pas une création de la fiction, mais une réalité organique et vivante » – incarne aujourd’hui dans l’imaginaire collectif l’essence même du pirate, au point de reléguer au placard les véritables boucaniers de l’Histoire générale des plus fameux pirates attribuée à Daniel Defoe, ouvrage qui fut pourtant une source essentielle d’inspiration pour Stevenson. De même, le docteur Jekyll et son double maléfique M. Hyde résument pour nous l’éternel affrontement du bien et du mal, comme si ce court roman – celui qui rendit, lors de sa publication en 1886, son auteur riche et célèbre, ce qui lui permettra de s’acheter un bateau et s’en aller toujours plus loin d’une Écosse à laquelle il reviendra pourtant encore dans ses récits – n’était que cela, une allégorie, presque une phrase toute faite, et pas l’œuvre d’un prodigieux styliste n’ayant eu de cesse de penser son art et d’en explorer les multiples formes. Comme si les pouvoirs de conteur de Robert Louis, né Robert Lewis Balfour Stevenson à Édimbourg en 1850 dans une famille aisée, étaient trop puissants pour être honnêtes. J. M. Barrie, l’auteur de Peter Pan, n’admettait-il pas avoir laissé son feu mourir en plein hiver et ne pas s’être rendu compte du froid, plongé qu’il était dans Treasure Island ? Raconter, avec toute la puissance de l’image, de la scène marquante (deux concepts essentiels pour Stevenson), serait-ce là quelque chose de secondaire, réservé à l’enfant écervelé, ce que le lecteur adulte, dans une Angleterre victorienne très sure d’elle-même, ne saurait tolérer ? L’auteur, en tout cas, pas dupe, ne manquait pas de remarquer dans l’essai cité plus haut : « Les anglais d’aujourd’hui, je ne sais trop pourquoi, ont tendance à mépriser l’évènement, et réservent leur admiration pour le tintement des cuillers à thé, ou les défauts de langage du vicaire. On trouve habile d’écrire un roman sans histoire du tout, ou du moins la plus ennuyeuse possible. » Lui préfère, comme il l’affirme dans Les porteurs de lanternes, « la poésie personnelle, l’atmosphère magique, et cet arc-en-ciel tissé par l’imagination qui enveloppe ce qui est nu et anoblit ce qui est vil. »

Il faut dire que Stevenson se méfiait de la conception du réalisme qui dominait alors. À l’excès de détails, il opposait les possibilités de synthèse de l’imagination, « le génie du lieu et de l’instant », une façon d’aller à la fois droit au but tout en conservant au maximum le pouvoir de suggestion. Ce que retiendra le lecteur, ce sont une ou deux scènes qui justifient non seulement l’écriture du livre entier, mais y concentrent aussi sa puissance poétique. Ainsi affirmait-il, à propos du romancier : « Ses histoires peuvent être nourries par les réalités de la vie, mais leur véritable but n’en est pas moins de satisfaire le désir ardent, l’attente informulée du lecteur, en obéissant aux lois idéales de la rêverie. » Car il y a indéniablement chez Stevenson la revendication du regard de l’enfant, de sa disponibilité, sa manière bien à lui de s’approprier les lieux du monde comme une mine d’histoires potentielles : « Certains lieux parlent distinctement. Certains jardins humides appellent à grands cris un meurtre ; certaines vieilles maisons demandent à être hantées ; certaines côtes ne se dressent que pour des naufrages. » Les promesses de récits sont partout et, comme il l’affirme dans un autre essai, Une humble remontrance, écrit en réponse à James, qui deviendra par la suite un interlocuteur privilégié, « la seule méthode de l’homme, qu’il pense ou qu’il crée, est de clore à demi les paupières pour se protéger de l’éblouissement et de la confusion de la réalité. »




D’où vient ce talent apparemment inépuisable pour raconter, que ce soit dans le moyen-âge de La flèche noire ou dans une ville de Londres convertie en extravagante pâtisserie orientale dans Les nouvelles mille et une nuits ? Peut-être du fait que, chez lui, l’aventure, avant d’être un contenu, est d’abord la forme même du récit. Car il y a partout, toujours, des trésors à chercher et des bateaux sur lesquels s’embarquer. Que ce soit dans des romans au long court comme Le trafiquant d’épave (le favori de Borges et le plus ambitieux de tous) qui, dans un même élan, passe de la peinture des mœurs américaines au roman d’aventures puis au récit policier (ce que Stevenson appelait « un roman à énigme ») ou dans des nouvelles parfaites comme La bouteille endiablée, tentative réussie d’écrire un véritable conte polynésien, ou en compagnie des vampires déliquescents d’Olalla, réappropriation personnelle du gothique, il est de ces rares auteurs qui parviennent à redonner à l’adulte la véritable saveur des lectures de l’enfance, puisque c’est bien à cette période, déjà lointaine, hélas, que la lecture est une expérience toute puissante. C’est de l’enfance, donc, encore et toujours, qu’il tire son goût du récit et surtout son art, puisque d’elle il a su préserver allumée la précieuse lanterne. D’ailleurs, elle n’est en rien séparée de l’âge adulte car, écrit-il, « les enfants pensent les mêmes choses, rêvent les mêmes rêves que les hommes barbus et les femmes en âge se marier ». Les histoires que lui lisait sa nurse ont certainement eu une influence décisive, que ce soit des romans à deux sous truffés de péripéties invraisemblables et vite troussées (il écrira d’ailleurs une belle défense de la littérature populaire) ou les récits des Covenantaires, ces protestants illuminés du XVIIème siècle. Sans oublier les puissances parfois maléfiques du rêve, car, comme le rappelle l’un de ses traducteurs, Patrick Reumaux, « l’enfance de Stevenson est marquée au fer de la nuit, du vent, du noir, des bourrasques qui terrifient » et « sa nourrice lui parles des flammes de l’enfer brûlant dans la cheminé » ; des flammes qui envahissent ses cauchemars. Pour autant, c’est une enfance heureuse qui ancrera en lui cette conviction que « manquer la joie, c’est tout manquer ». L’affirmation vitale, chez cet être délicat qui n’eut jamais la jouissance d’une pleine santé, est constante.

La vie et l’œuvre ne font qu’un chez Stevenson : influencé par son fantasque cousin Bob, il connaîtra la vie de bohème en France, y rencontrera sa future femme, y pratiquera l’art de la conversation (« il n’est pas de plus belle ambition que d’y exceller », écrira-t-il), achètera une péniche qu’il baptisera les Onze Milles Vierges de Cologne et qui, faute de pouvoir payer le charpentier engagé pour la mettre en état, finira par « pourrir dans la rivière où elle avait été embellie », signera ses premiers récits de voyages (avec un âne dans les Cévennes, en canoë sur les rivières du nord de la France), séjournera en Angleterre, en Écosse, en Suisse ou dans la Californie des chercheurs d’or, selon ce que dictait sa santé ou son goût de l’aventure, perdra la foi et affrontera le courroux de son père, partira toujours plus au sud en quête d’un climat plus doux et, une fois dans les îles du Pacifique, ne reviendra plus.

Chez lui, « l’esprit de voyage » est une constante. Il s’agit, dit-il, « d’être comme un chalumeau dont n’importe quel vent peut jouer » et « de quitter le lit douillet de la civilisation et de sentir sous ses pas le granit terrestre avec, par endroits, le coupant du silex. » Le voyage lui permettra de développer ce que Le Bris appelle « une métaphysique de l’imagination créatrice » et nourrira sa vision des lieux où il emmène ses personnages (car dans ses romans on voit du pays). Ainsi, la fameuse île du trésor, dont l’emplacement reste secret, n’en a pas moins une végétation qui ressemble fort à celle de cette Californie où Stevenson était venu rejoindre Fanny Osbourne, la femme qu’il épousera finalement après être parvenu de haute lutte à arracher l’accord de son père. Un séjour qui fera l’objet d’un de ses plus beaux récits autobiographiques, Les squatteurs de Silverado, où il décrit avec humour leur quotidien dans une ville fantôme peuplée de serpents à sonnettes.

On ne discute guère plus aujourd’hui la modernité de Stevenson, on le réédite dans de nouvelles traductions enfin respectueuses de sa verve et on lui consacre colloques et ouvrages spécialisés. Celui que Nabokov considérait comme un des plus grands théoriciens de la littérature reste avant tout un enchanteur ; quelqu’un pour qui raconter est non seulement un don, mais aussi la plus belle des façons d’exercer la générosité. 

lundi 21 septembre 2020

Walter Campo de Carvalho – La lune vient d’Asie

Dans l’œil du fou

Walter Campo de Carvalho – La lune vient d’Asie 

[Traduit du brésilien par Alice Raillard, L’Arbre Vengeur 2019]

Article écrit pour Le Matricule des anges




Réédition du premier roman d’un écrivain brésilien majeur, publié en 1955 et traduit chez Denoël en 1976 (c’est cette traduction d’Alice Raillard que reprend aujourd’hui L’Arbre Vengeur), La lune vient d’Asie est l’occasion de redécouvrir une voix des plus singulières. Considéré au Brésil comme un des principaux artificiers du surréalisme local, Walter Campos de Carvalho (1916-1998) propose dans ce roman scrupuleusement non linéaire « un poème d’incohérence et d’absurdité », pour reprendre la citation de Gabriel Brunet qui sert d’épigraphe. Les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas (on passe d’ailleurs sans vergogne du « Chapitre 1 » au « 18ème chapitre », avant d’enchaîner sur un « Chapitre sans sexe » ou un « Chapitre non ecclésiastique ») dans un récit construit sous l’égide de la folie.  

Le fou, c’est le narrateur, un certain Astrogildo, connu également en tant qu’Hector ou Ruy Barbo, qui, dans un hôtel qui pourrait se confondre avec un asile ou un camp de concentration (selon ses propres termes), nous conte ses aventures aussi multiples qu’imaginaires aux quatre coins du globe, de l’Inde à l’Amérique Centrale, en passant par Paris ou le Moyen Orient. Des aventures fantasmées comme autant de délires de grandeur dans lesquels il ne cesse de croiser les puissants de ce monde et d’endosser tous les rôles et tous les métiers possibles. Ainsi le vera-t-on écrivain de renom ou contrebandier, proxénète ou sauveur de la veuve et de l’orphelin, quoique la filouterie et l’entourloupe finissent toujours par prendre le dessus, comme si l’homme, en toute sincérité, ne pouvait prétendre à autre chose : « À Port-Stanley, je fus successivement professeur de natation, camelot, fiancé officiel de trois filles fort jolies, agent secret d’une puissance que je ne peux mentionner, barman, illusionniste, et pour terminer exilé politique encore une fois, pour avoir été pris en flagrant délit d’adultère avec la femme du gouverneur de la ville. » Plus loin, on apprend qu’à Cochabamba, en Bolivie, il a obtenu « le deuxième prix dans un concours de fossoyeurs organisé par la municipalité ».

Astrogildo, cet exilé permanent, où qu’il se trouve à vaguer (réellement ou en esprit), nous raconte encore par le menu ses relations pas toujours très nettes avec les autres « clients » de l’hôtel et son « personnel » qui pourrait n’être qu’un ensemble de « geôliers », voire « d’inquisiteurs ». On y pratique d’ailleurs, s’il faut en croire ses affirmations (mais personne, après tout, n’est là pour le contredire), la torture et autres sévices.

La folie, bien entendu, et particulièrement ici, n’est jamais loin de la paranoïa et le « héros » de ce récit ne cesse de voir des conspirations partout et d’échafauder des explications du monde aussi farfelues que, d’une certaine façon, lucides. Ainsi écrit-il une « lettre ouverte au Times », contraint qu’il est de « porter plainte auprès de Vos Excellences contre l’abus innommable dont nous sommes victimes moi et d’autres personnes également respectables ». Des personnes qui ne sont autres que ses compagnons d’infortunes, parmi lesquels on trouvera le « neveu de la main gauche de Napoléon Bonaparte », un « représentant de l’empereur de Russie » ou encore un américain peu fréquentable répondant au nom de « Mister Boss ». Des personnes qu’on pourrait aussi, certainement, considérer comme représentatives du genre humain dans son ensemble, comme si le fou était celui chargé de porter pour nous – ou mieux que nous – le fardeau douteux de notre condition. La « Cour des miracles » imaginée par Campos de Carvalho semble être là pour expier nos péchés ; expiation toute parodique puisqu’il n’y a rien qui ne puisse l’être et puisqu’en bon surréaliste, l’auteur tape dès qu’il le peut sur les liturgies ampoulées de la sainte église catholique et romaine.

Son Astrogildo, graphomane incontinent, écrit également les lignes de ce qu’il appelle « mon journal de guerre et de paix » – de fait tout le roman pourrait être défini comme un journal désordonné – et s’essaie encore à l’exercice de l’aphorisme, lorsque l’insomnie le tient « avec cette persévérance dont elle est seule capable », en ces moments où, dit-il, « le temps me dure d’une façon effrayante ». La nuit, affirme-t-il pourtant, « est la tunique qui me va comme un gant, comme son linceul à son cadavre », ou « comme des lunettes noires à un aveugle de naissance, en plein midi ». On parlait plus haut de lucidité, et si celle-ci semblera par moment effrayante dans la bouche d’un personnage qui pense que « Merde c’est la vie même » et que « son acte de naissance est un bluff », le livre n’en fait pas moins preuve d’un humour salvateur, celui justement de qui n’a rien à perdre et peut dès lors dire les choses comme elles sont et sans s’encombrer de gants.

 

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